Robe, Issey Miyake

  • Issey Miyake

  • Don de monsieur Marc Boisseuil
  • Printemps-Eté 1994
  • Polyester, bandes plissées noires, blanches, bleues, oranges, fushia, vertes, jaunes et violettes.
  • GAL2002.120.2ab
  • Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris

Comme celui de Fortuny, le nom d’Issey Miyake est immédiatement associé au travail du plissé. Cependant, pour l’un comme pour l’autre cette idée est réductrice de leur talent et de leurs recherches. Issey Miyake entre, en 1972, chez Créateurs & Industriels, invité par son fondateur Didier Grumbach. Comme pour les autres stylistes appartenant à ce groupe, le travail de Miyake dépasse largement les limites de la mode. Il fonde sa création sur une réflexion des conventions japonaises et européennes entretenues entre le corps et le vêtement. Il est souvent qualifié de sculpteur et les expositions qu’il organise autour de son travail ainsi que les costumes qu’il réalise pour des ballets y contribuent très largement.

Toutefois, il serait frustrant dans un musée de mode de ne pas présenter un exemple de plissé d’Issey Miyake. La robe de 1994 illustre le développement des recherches concentrées par le créateur sur les plis à partir de la seconde moitié des années 1980. Le textile synthétique utilisé conserve la mémoire du plissé et permet de nombreuses possibilités de volume et de mouvements. Avec un certain humour, ce modèle adopte la technique des lampions chinois en papier de soie. Il en reprend également les couleurs qui évoquent la fête et un univers ludique. Ce vêtement sculpture a une vie autonome et une géométrie variable : il se replie comme un lampion et se range dans le sac dans lequel il était commercialisé, le packaging étant aussi l’une des préoccupations du créateur.

Auteur de la notice : Laurent Cotta