Robe "Seins obus", Jean Paul Gaultier

  • Jean Paul Gaultier

  • Don du créateur en hommage au musée
  • Automne/Hiver 1984-1985, collection Barbès
  • Velours de soie
  • GAL1994.82.1
  • Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris

Pour beaucoup, Jean Paul Gaultier est l’archétype du créateur de mode et, depuis 1997, celui du grand couturier. Largement médiatisé, il est aussi célèbre qu’une rock star. Son personnage, aussi facilement identifiable que ceux de Karl Lagerfeld ou de Charlie Chaplin, est devenu une image de marque à part entière. Son esthétique est totalement indissociable de celles des années 1980 et 1990. D’une certaine manière, il apporte sa touche à cette époque en stylisant la mode de la rue. Ses sources d’inspiration favorites sont l’univers de la haute couture et la culture populaire d’un Paris rêvé par le cinéma de l’entre deux guerres. Comme Jean-Paul Goude, à la même époque, il se livre avec délice à tous les métissages qu’ils soient ethniques, culturels, sociaux ou temporels. Ses maîtres sont Pierre Cardin pour qui il a travaillé et Yves Saint Laurent auquel il rend hommage et se réfère souvent.

La robe « seins obus » est particulièrement emblématique de son travail des années 1980. La féminité y est d’une agressivité pleine d’humour. Le velours évoque le monde de la couture et la poitrine conique le glamour des années 1950 poussé à un degré absurde et réjouissant. Il fait également référence à un autre moment de l’histoire de la mode : la collection africaine d’Yves Saint Laurent, en 1967, où les seins coniques de certaines silhouettes se référaient à l’art Bambara. Peut-être Jean-Paul Gaultier se rappelle-t-il également de la poitrine en cônes de carton dont il avait doté son ours en peluche, Nana, lorsqu’il était enfant.

Le caractère iconique de ce modèle n’a pas échappé à Madonna qui commande à Jean Paul Gaultier une tenue de scène avec une poitrine identique pour sa tournée « Blonde Ambition Tour » en 1990. Cette  silhouette reconnaissable entre toutes devient un emblème de l’époque.

Auteur de la notice : Laurent Cotta