Robe "Coco Chanel", Jean-Charles de Castelbajac

Collection "Hommages"

  • Jean-Charles de Castelbajac

  • Automne - Hiver 1983 - 1984
  • Robe: gazar noir, peinture à l'acrylique. Voile : mousseline de soie noire.
  • GAL2003.85.4ab
  • Achat de la Ville de Paris
  • Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris

En 1972, Jean-Charles de Castelbajac rejoint le groupe Créateurs & Industriels fondé un an plus tôt par Didier Grumbach. Les stylistes présents - parmi lesquels Issey Miyake, Thierry Mugler, Christiane Bailly, Michel Klein, Emmanuelle Khanh, Adeline André… ont la possibilité de signer, en leurs noms propres, des collections très personnelles. Le paysage de la mode s’en trouve alors radicalement changé : la créativité n’est plus réservée au seul domaine de la haute couture.

La vision très personnelle de la mode de Jean-Charles de Castelbajac est particulièrement représentative de cette génération. Il a, cependant, toujours imposé des règles strictes à sa création. Des formes géométriques simples, des couleurs primaires, des matériaux naturels ou détournés. Après une production minimaliste à base d’unis dans les années 1970, il explore l’ornement dans les années 1980. Castelbajac n’a jamais acheté de tissu imprimé de toute sa carrière, ses motifs sont toujours originaux. En 1981, ses collections s’ornent de textes imprimés, en 1982, il fait appel à des artistes tels Ben, Garouste ou Combas pour peindre ses vêtements. En 1983 il entame sa série de robes « hommage » peintes par l’artiste et créateur israélien, Eliakim. A la manière de Magritte, il nous interroge : s’agit-il de robes, s’agit-il de tableaux?

La robe « Coco Chanel » appartient à la première série des hommages. Castelbajac y faisait se rencontrer, sans hiérarchie des genres, Mickey Mouse, Louis XVI, Jackie Kennedy… figures historiques ou personnages de fiction issus de son panthéon personnel ou de l’imaginaire collectif. Les portraits peints à l’acrylique sur gazar prenaient vie au rythme des pas des mannequins sur le podium. Comme dans le cas présent, certaines robes étaient recouvertes de mousseline de soie noire. Ce qui, à première vue, peut passer pour un gag surréaliste prend une profondeur particulière avec la présence de ce voile transparent évocateur du temps et de la mort.

Auteur de la notice : Laurent Cotta