Manteau et mantelet de chevalier de l’ordre du Saint-Esprit

  • Troisième quart du XVIIIe siècle.
  • velours de soie coupé noir. Mantelet : Gros de Tours, soie, vert, lamé argent. Broderies d’application, broderies en couchure sur ligneul, fils de soie rouge, rose, vert, bleu, fils métalliques argent doré et argent, lames, filés, paillettes comptées, cannetille, cannetille plate, Passementerie de fils d’or.
  • Gal 1906.4.1ab
  • Don du baron Edmond de Rothschild
  • Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris

L’ordre du Saint-Esprit fut fondé par Henri III le 31 décembre 1578. Plus grand ordre politique et religieux français de l’Ancien Régime, il est le pendant français des ordres prestigieux, plus anciens, de la Jarretière au Royaume-Uni et de la Toison d’or en Autriche et Espagne.

Le jour de la cérémonie de réception des chevaliers était fixé par les statuts au 31 décembre. Le roi nommait alors ces derniers et les revêtait du grand manteau et du collier de l’ordre. Ce manteau  correspond aux normes édictées par les statuts de l’ordre. Long de 4m 22 et large de 2m 96, constitué de six lés de velours assemblés verticalement, il est orné de 237 flammes réparties en ordre croissant  et sur son pourtour de dix-huit H, dix-huit fleurs de lys et onze trophées d’armes. Le mantelet en gros de Tours de soie verte lamé argent est rehaussé du même décor. Les flammes sont exécutées en paillettes comptées, une moitié de chaque paillette étant visible, technique  de broderie décrite en 1770 par Charles Germain de Saint-Aubin. Ce manteau, unique exemple  connu de manteau de l’ordre du XVIIIe siècle, est également le seul costume de cour de cette période conservé dans les collections publiques françaises. 

Auteur de la notice : Pascale Gorguet-Ballesteros