Gilet d'homme, vers 1730-1740

  • Don de la Société de l'Histoire du Costume
  • Vers 1730-1740
  • Devant : toile de lin crème, impression à la planche de bois, deux couleurs, noir, rouge. Dos: toile de coton blanche, impression à la planche de bois, six couleurs, noir, violet, deux bleus, deux rouges. Doublure: toile de coton crème.
  • Gal 1920.1.1126
  • Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris

Ce gilet, sans doute remonté, comme c’est souvent l’usage à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle est exceptionnel pour l’étoffe de ses devants. D’apparence modeste, usée, au large décor végétal, celle-ci est un rare exemple d’indienne de contrebande conservée en France. Le terme d’indienne désigne toute toile de coton ou de lin et coton, à décor appliqué, qu’il soit peint et teint ou imprimé. Produites en Inde et exportées par la Compagnie française des Indes orientales, elles suscitent rapidement l’imitation en Europe. Cependant cette dernière production est de qualité médiocre car, à la fin du XVIIe et dans la première moitié du XVIIIe siècle, les fabricants n’ont pas  encore découvert le procédé indien qui réussit à fixer les couleurs sur l’étoffe. En 1686, alléguant de la nécessaire protection des manufactures de soie françaises, le gouvernement français décide d’interdire le port, l’usage et la fabrication des indiennes et maintiendra cet arrêt jusqu’en 1759. Cette prohibition ne fera que renforcer le goût pour les indiennes que la France entière consommera frauduleusement. De qualité généralement pauvre, ces toiles ont rarement pu être conservées.

Auteur de la notice : Pascale Gorguet-Ballesteros