Esquisses, Madame Grès

  • Madame Grès

  • 27x21 cm
  • Don de la Fondation Pierre Bergé / Yves Saint Laurent
  • 1956
  • Stylo bille sur papier.
  • GAL211.E.5.72 ; GAL211.E.5.73
  • Palais Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris

Ces deux esquisses, de la main de madame Grès, appartiennent à un ensemble de 2800 dessins  provenant des archives des maisons Alix et Grès. Ils couvrent la durée de la carrière de la couturière de 1934 à 1988. Cet ensemble exceptionnel a été donné au Musée par la Fondation Pierre Bergé / Yves Saint Laurent en hommage au talent de madame Grès que les deux  hommes estimaient tout particulièrement. Ces dessins constituent un outil irremplaçable pour dater et documenter  les pièces issues des collections de la couturière.

Dans les rares interviews accordées à la presse, madame Grès disait volontiers ne jamais dessiner ou coudre. Les nombreux feuillets recouverts de ses croquis démentent, en partie, cette légende.  Toujours à la recherche de la perfection, peut-être ne les estimait-elle pas assez aboutis pour les considérer comme de véritables dessins. Ils sont, toutefois, de précieux témoins qui nous éclairent sur sa manière d’élaborer une collection. A la manière de « croquis de téléphone », ils occupent tout l’espace de la feuille. Le trait est nerveux et décidé. Seules les lignes de force sont retenues et indiquent la structure générale du modèle appuyé par les hachures dans le sens des drapés ou des plissés. Organisés à partir d’une taille étranglée et de la ligne sinueuse du buste, ils ces croquis témoignent clairement de la sensualité qui préside à toute les créations de la couturière. Ils servaient d’aides mémoire et d’indications avant le modelage de l’étoffe sur le mannequin, étape de prédilection de Madame Grès dans la réalisation d’une robe.

Sur ces deux feuillets, cohabitent deux styles récurrents dans l’œuvre de Grès : les robes plissées dites « à l’antique » et les créations « néo romantiques » aux citations historicisantes comme les larges jupes drapées ou gonflées à la manière de crinolines…

Plus que de classiques dessins, ces feuillets portent  « une écriture » que madame Grès avait inventée avec laquelle elle entamait toute création.

Auteur de la notice : Laurent Cotta