Mannequin - le corps de la mode

Henry Clarke, 1951 ©Henry Clarke / Galliera / Roger-Viollet

Henry Clarke, 1951. Jacques Heim, A/H1951. Mannequin Ann Gunning. Photo : © Henry Clarke / Galliera / Roger-Viollet

Du 16 février 2013 au 23 juin 2013

Hors les murs

Initialement produite par les Rencontres d’Arles - édition 2012, l’exposition Mannequin - le corps de la mode a remporté un tel succès que Galliera la prolonge à Paris en la présentant dans le cadre de son programme hors-les-murs aux Docks, Cité de la Mode et du Design.

Le mannequin est un acteur essentiel de la diffusion de la mode. Créé par et pour elle, il incarne les contradictions d’une industrie tiraillée entre création et commerce, dont l’une des principales activités est de produire des images. Des premières photographies du XIXe siècle aux pages de magazines, des publicités aux vidéos, le mannequin est reproduit à l’infini.

Initialement produite par les Rencontres d’Arles pour l’édition 2012, l’exposition Mannequin - le corps de la mode a remporté un tel succès que Galliera la prolonge aujourd’hui à Paris dans le cadre de son programme hors-les-murs aux Docks - Cité de la Mode et du Design.

Près de 120 tirages – dont la plupart font partie des collections du musée Galliera – des vidéos, des magazines de mode et autres ouvrages sont ainsi réunis. Les photographies de grandes signatures comme Horst P. Horst, Erwin Blumenfeld, Henry Clarke, Helmut Newton, Guy Bourdin, Nick Knight, Corinne Day, ou encore Juergen Teller côtoient des objets en volume : mannequins de vitrine, mannequins couturière, marottes...

Empruntant son nom au mannequin en osier des salons de couture du xixe siècle, le mannequin vivant a pour fonction de porter les modèles devant les clientes comme devant l’objectif tout en gardant ce statut d’« objet inanimé » qui met en valeur les vêtements pour mieux les vendre. Pourtant le mannequin, défini comme un idéal féminin de beauté et de jeunesse, doit séduire avec une perfection tout artificielle. Formaté, dupliqué dans des poses mécaniques, façonné par le maquillage ou la retouche, ce corps modèle répond à des normes physiques et esthétiques qui, pour vendre du rêve, laissent peu de place au réalisme.

Depuis la naissance de la haute couture, femmes de la haute société et actrices jouent sans discontinuer les icônes de mode. Plus tard, les mannequins professionnels imposent leur visage et leur nom. Révélées par les couturiers ou les photographes, elles deviennent leurs muses, reconnaissables mais modelables au gré de leur inspiration. Devenues stars, elles font vendre du papier glacé.

Du mannequin anonyme à la cover-girl, du porte-manteau au sex-symbol, du top model à la girl next door, ces stéréotypes interrogent la valeur marchande, esthétique et humaine du mannequin. En réunissant ces images, l’exposition propose une histoire de la photographie de mode du point de vue du modèle et non plus seulement du photographe.

Hors les murs:
Les Docks, Cité de la Mode et du Design (Paris 13e)