Le XVIIIe au goût du jour

Pierre Balmain. Robe du soir bustier « Antonia » haute couture P/E 1954. © J-M Manaï et C Milet / Galliera

Pierre Balmain. Robe du soir bustier « Antonia », couture P/E 1954. Photo : © J-M Manaï et C Milet / Galliera

couturiers et créateurs créateurs au Grand Trianon

Du 8 juillet au 9 octobre 2011

Hors les murs

Quelle influence a eu le siècle des Lumières sur la mode actuelle ? Entre haute couture et prêt-à-porter, une cinquantaine de modèles de grands créateurs du 20ème siècle dialoguent avec les costumes et accessoires du 18ème. Et témoignent de l'intérêt de ce siècle ! Une exposition organisée par l'Etablissement public du Château de Versailles et le Palais Galliera, dans les appartements du Grand Trianon.

Rayonnant sur les cours européennes, la culture française éclaire ce XVIIIe siècle incarné par Madame de Pompadour, Madame Du Barry et Marie-Antoinette – figures de la frivolité qui fascinent tant le cinéma, la littérature et la mode. Immenses coiffures poudrées, corps à baleines et jupes à panier, volants et falbalas, escarpolettes et chuchotements, tel est ce XVIIIe siècle portant l’artifice à son paroxysme…

Un style fantasmé qui donne libre cours à l’interprétation : les Soeurs Boué font revivre paniers et dentelles avec les robes de style des années 20, Christian Dior et Pierre Balmain proposent des robes du soir  brodées de motifs décoratifs typiquement XVIIIe, Vivienne Westwood redonne vie à des courtisanes délurées, Azzedine Alaïa corsète les gorges des galantes, Karl Lagerfeld pour Chanel invite Watteau avec ses robes à la française, la Maison Christian Dior pare les dames de cour de mille atours, Christian Lacroix drape ses reines de brocarts chamarrés de pierreries et Olivier Theyskens pour Rochas convoque le fantôme de Marie-Antoinette dans un film hollywoodien.

Si l’habit masculin est transformé en vêtement féminin par Martin Margiela, Nicolas Ghesquière pour Balenciaga habille les femmes en petits marquis parés de dentelles millefeuille et Alexander McQueen pour Givenchy revêt ses marquises de justaucorps brodés de fils d’or. Avec Yohji Yamamoto, les robes de cour se déstructurent, et, avec Rei Kawakubo, c’est au tour des redingotes. Enfin, alors que Thierry Mugler cache des paniers surdimensionnés sous les robes, Jean Paul Gaultier, lui, les met sens dessus dessous...

Hors les murs:
Domaine national du Château de Versailles, Grand Trianon